Dina Tersago et Mamas for Africa aident les femmes congolaises à aller de l’avant

« Dans l’est du Congo, les femmes subissent d’atroces violences »

Être femme suppose parfois de marquer un pas en arrière. En Europe occidentale, ce recul s’opère le plus souvent sur les échelons d’une carrière. Mais ce n’est rien comparé au sort que subissent les femmes ailleurs dans le monde. Dans l'est du Congo, déchiré par la guerre civile, elles poursuivent leur vie au prix d’énormes sacrifices. « Le viol est l’arme de guerre par excellence des milices itinérantes » , explique présentatrice télé et ancienne Miss Belgique Dina Tersago, nouvelle ambassadrice de Mamas for Africa. « Aux séquelles physiques de ces cruelles agressions vient s’ajouter, pour les victimes, le risque de répudiation par leur mari. Cette double réalité explique l’extrême vulnérabilité des femmes dans les villes de Bukavu et Uvira. » Une vulnérabilité qui est inhérente à la condition féminine en zone rurale : ici, le dur labeur des champs alterne avec les grossesses multiples et rapprochées, le tout souvent sur fond de violences intrafamiliales perpétrées contre des femmes et des filles considérées comme très inférieures à l’homme.

Dina et Mamas for Africa ont fait une video

Avec Mamas for Africa, Dina Tersago souhaite attirer l’attention sur la souffrance des femmes dans l'est du Congo. C’est pourquoi, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes (ONU), qui aura lieu le dimanche 25 novembre, elle a réalisé une brève vidéo pour Mamas for Africa. Avec neuf autres femmes, elle affronte les expériences négatives susceptibles de jalonner un parcours féminin. À chaque scénario familier, les participantes doivent reculer d’un pas. Celle qui symbolise la femme congolaise finit au fond de la salle, à grande distance de Dina et des autres.
 
Découvrez la video avec Dina Tersago ici.

Solidarité avec les femmes et les filles à l'est du Congo

Depuis près de vingt ans, l’organisation belge Mamas for Africa soutient les femmes et les filles de l’est du Congo dans leur lutte contre les agressions sexuelles et la misogynie ambiante. Mamas for Africa les aide à devenir fortes et résilientes. L’organisation opère depuis deux 'Maisons de la Femme' au Sud-Kivu, une à Bukavu et une autre à Uvira. Jan Goossens, directeur de Mamas for Africa, explique : « Ces ‘Maisons de la Femme’ organisent un accueil temporaire des femmes et filles victimes d'agressions sexuelles et de violences fondées sur le genre. Mamas for Africa leur offre un accompagnement psychosocial et, si des soins s’imposent, les oriente vers l’hôpital de Panzi du docteur Denis Mukwege, désormais mondialement célèbre. »

Le docteur Mukwege s’est récemment vu attribuer le prix Nobel de la paix pour ses longues années d’engagement auprès des femmes victimes de viol. Un travail qui lui a valu le surnom peu enviable de  'l’homme qui répare les femmes'.

Dina Tersago : « En tant que jeune mère, je me sens solidaire des femmes partout dans le monde. Mais les femmes dans l’est du Congo ont vraiment besoin d’aide. Elles sont extrêmement courageuses, mais elles n’y arriveront pas toutes seules. »

Quelques témoignages provenant des Maisons de la Femme de Mamas for Africa

Des atrocités hélas très réelles, auxquelles l’organisation Mamas for Africa se voit régulièrement confrontée.

*** Un matin, deux femmes arrivent à la Maison de la Femme de Bukavu. La première, d’une vingtaine d’années, a du mal à marcher. Elle est soutenue par une voisine plus âgée. La veille, aux environs de 21 heures, quatre hommes masqués et armés de couteaux ont envahi la maison occupée par la jeune femme, son mari et leurs trois enfants (2, 4 et 6 ans). Le mari est immédiatement assassiné. Les deux enfants aînés, affolés, sont poignardés peu après et meurent sur place. Les agresseurs se mettent ensuite à violer la femme, tour à tour. Elle pense qu’elle s’est évanouie au cours du troisième viol. Lorsqu’elle reprend conscience, elle découvre que le plus jeune de ses enfants est toujours vivant. Il s’est figé de peur – une réaction qui lui a sans doute sauvé la vie. La femme reste deux jours à la Maison de Mamas for Africa, avant d’être transférée pour des soins à l’hôpital de Panzi.

*** Vendredi, 4 h 45, heure locale. Une femme enceinte, proche du terme, arrive à la Maison de la Femme avec ses deux enfants : un garçon de trois ans et une fille de cinq ans. La fille est mutique. On comprend vite pourquoi… Réveillée en pleine nuit par du bruit, la femme découvre son mari couché sur sa fille. Alertés par les cris de la mère, les voisins accourent pour l’aider : le père est arrêté. Les voisins conduisent la femme et sa fille violée à la maison de Mamas for Africa, où la fille se voit administrée le ‘kit PEP un cocktail de médicaments en prévention du SIDA, de l’hépatite B, des infections sexuellement transmissibles et des grossesses non désirées. Après deux jours à la Maison de la Femme de Mamas for Africa, la mère part avec sa fille en direction de la ville la plus proche, où elle a de la famille, pour y accoucher.

*** Mimi, 30 ans, mariée et mère de six enfants, habite à côté de son frère et de sa belle-sœur. Une nuit, des hommes masqués et armés de couteaux font irruption chez elle. Les agresseurs réunissent la famille de Mimi et celle de son frère dans une chambre. Le mari de Mimi est absent. Son frère est immédiatement tué et son corps dépecé devant les femmes et les enfants. Les deux femmes sont ensuite violées, toujours en présence des enfants. Mimi se voit alors forcée d’arroser le dîner (qui se trouve toujours sur le fourneau) du sang de son frère et de le consommer. Mimi résidera quelque temps dans la Maison de la Femme d’Uvira, avant de rejoindre l’hôpital de Panzi pour une opération correctrice rendue nécessaire par le viol féroce. Elle bénéficiera d’un accompagnement psychologique, dispensé par les collaborateurs de Mamas for Africa, afin de surmonter ce trauma.

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