"Le Congo est comme une bijouterie à ciel ouvert"

Le dimanche après-midi eut lieu notre première représentation de "Le bruit des os qui craquent". Une pièce de théâtre solide, c'est le moins qu'on puisse dire. Deux filles enfants-soldats s'évadent des mains d'une armée de rebelles. Pendant leur fugue elles vivent cachées. Dans une peur permanente. A qui peuvent-elles faire confiance et à qui non? C'est une pièce poignante, mais qui reflète la dure réalité au Congo de l'Est. Aussi le publique était impressionné. Parmi les invités également le Ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders.

Dans le débat qui suivit, il obtint la parole pour éclaircir la position et les actions de la Belgique dans cette problématique. Autour de la table étaient en plus assis Johan Swinnen, ex-ambassadeur (R.D. Congo, Ruanda et Burundi), Régis de Rath, journaliste RTBF et Donatella Rostagno d'EURAC. Peter Verlinden fut le modérateur.

"La RDC est comme une bijouterie à ciel ouvert!"

"La situation au Congo de l'Est n'est pas uniquement un problème pour l'Afrique. Mondialement dans des guerres et conflits des femmes sont violées et maltraitées. A défaut d'un état de droit et à cause de la rébellion permanente au Congo de l'Est, il n'y a pas de sûreté, et surtout pas de sécurité. Des gens sont livrés aux caprices de bandes de toutes sortes, mais aussi à celles de l'armée d'état congolaise qui est tout aussi impitoyable. La conséquence de ceci est un fleuve de réfugiés interminable. Les frontières ne sont pas respectées. Les richesses naturelles sont pillées. La RDC est comme une bijouterie à ciel ouvert!", ainsi le Ministre Reynders.

"En tant que 'grand ami' du Congo la Belgique ne peut pas abandonner les congolais", ainsi enchaine-t-il. "Pour le rétablissement pas uniquement des ONG, mais aussi des soldats sont nécessaires. A présent des pourparlers sont en cours afin d'envoyer de la part des Nations Unies un envoyé spécial vers la région. Celui-ci devrait entamer un dialogue politique avec les pays voisins (Uganda, Ruanda, Burundi). Faisant partie de la cause du problème, ils doivent aussi contribuer à sa solution. La sécurité doit être rétablie et la rébellion arrêtée. Peut-être le MONUSCO, qui à présent est sur place avec 17 000 casques-bleus, doit recevoir un mandat élargi."

"Peut-être qu'une armée forte n'est pas dans l'intérêt du président!"

Johan Swinnen, ex-ambassadeur, se demande pourquoi l'armée au Congo n'est pas réformée. "Peut-être qu'une armée forte n'est pas dans l'intérêt du président. Il est même possible que celle-ci se tourne contre lui. Certains acteurs ont intérêt à ce que l'instabilité continue. Ainsi ils peuvent librement traiter leurs affaires sans aucune réglementation."

"Mais la Belgique doit continuer à croire dans son rôle dans la région. Peut-être travailler à un plan de construction comme dans le temps un projet de reconstruction de la Belgique a été démarré après la 2me GM, en particulier travailler sur le charbon et l'acier. Pour le Congo ce projet pourrait tourner autour du thème eau et gaz. La paix pourrait s'installer par une collaboration économique avec les pays voisins, d'après un modèle européen. L'avenir de l'Europe est dans le développement de l'Afrique."

Une réception conviviale

Les réactions du public furent élogieuses. Egalement la réception après coup avec amuse-gueules et petits verres africains fut appréciée. Pour ceux qui l'ont manqué, il y a toujours une chance de venir regarder et écouter maintenant dimanche au Théâtre de Poche à 14h.