"Un enfant-soldat: victime ou barbare?"

Touchant et émouvant... Egalement notre deuxième représentation de "Le bruit des os qui craquent" du dimanche 10 février ne laisse personne froid. Qui l'a vue, est impressionné. Pendant la réception conviviale les discussions après coup se prolongent encore longtemps.

Photo Théâtre de Poche: Yves Kerstius

"Nous devons continuer à rechercher des solutions."

La pièce est interprétée de façon brillante par 3 actrices d'une compagnie ruando-congolaise. Elle raconte l'histoire de deux filles enfants-soldats qui s'évadent des mains d'une armée de rebelles. Pendant leur fuite elles vivent cachées. Dans une peur permanente. A qui peuvent-elles faire confiance et à qui non? Ainsi nous pouvons nous faire une idée du sort des enfants-soldats. C'est une pièce de théâtre poignante, mais la dure réalité au Congo de l'Est.

Voici la réaction après-coup de Walter Zinzen, ex-journaliste VRT et spécialiste en matières congolaises: "Qui est quelque peu familiarisé avec ce qui se passe au Kivu, sait que le sort des filles et femmes y est encore maintes fois pire. Que la violence ne semble pas pouvoir être arrêtée, est à devenir désespéré. Cela nous ne pouvons pas se laisser passer. Nous devons continuer à rechercher des solutions." Lisez son témoignage complèt ici.

"Un enfant-soldat: victime ou barbare?"

Après la représentation de théâtre Peter Verlinden, journaliste VRT, engagea le débat avec Guy Poppe, ancien journaliste à la radio, Geert Bossaerts, directrice de RCN Justice et Démocratie, Maddy Tiembe de l'AFEDE et Charlotte Mbelo, vice-présidente de Mamas for Africa.

Une des questions formulée parmi le publique: "Un enfant-soldat, bien qu'esclave dans l'armée rebelle, devient à son tour également un assassin. Est-ce que tel enfant est alors victime ou barbare?" Charlotte Mbello explique: "Qu'il s'agit maintenant d'enfants-soldats, garçons ou filles, ou qu'il s'agit de femmes violées et abusées, aucun d'entre eux n'a choisi ce sort. Tous ils furent arrachés à leur propre vie. Avec de la violence on les oblige à obéir. C'est leur unique chance de survie. Qui porte une arme, a du pouvoir. Un enfant qui est drogué et doit obéir à un adulte, ne peut être tenu responsable. Un par un ces enfants, garçons et filles, sont des victimes. Nous ne pouvons pas les laisser tomber et fermer les yeux devant cette violence. Nous devons continuer à rechercher des solutions."

"Pour qu'ils ne doivent pas vivre ce qu'elle a vécu..."

Aussi la pièce de théâtre se termine sur ce message. "Où devons nous envoyer ces enfants de 7, 10 ou 15 ans? A l'école ou en prison? A condition qu'ils survivent et ne soient pas décédés dans un combat ou aux suites du sida." Une infirmière témoigne du calvaire d'une des petites victimes devant une commission. Avec ses témoignages la fille prends parti pour tous les enfants-soldats. "Pour que les enfants de son pays ne doivent pas voir ce qu'elle a vu. Ne doivent pas entendre ce qu'elle a entendu. Et ne doivent pas vivre ce qu'elle a vécu.

Le nombre d'enfants-soldats à échelle mondiale est estimé à 300 000.