Parce que les femmes sont la clef pour l’avenir de l’Afrique !

Le fait que l’année passée le mouvement rebelle M23 ait été expulsé par l’armée gouvernementale à l'Est du Congo, ne signifie pas automatiquement que la guerre dans la région soit terminée. Encore moins que la peine pour les femmes congolaises soit diminuée. Outre une lutte quotidienne contre la pauvreté, la faim et l’inégalité, elles ont toujours à souffrir de la violence permanente par abus et viols. Mamas for Africa croit que les femmes sont la clef pour l’avenir de l’Afrique. C’est pourquoi Mamas for Africa aide ces femmes africaines dans leur lutte contre violence et exploitation. Déplaçons-nous un moment dans la brousse congolaise anno 2013. Un retour en arrière.

Photo Nicole Nuyts : Des femmes se rencontrent dans un Centre d'Ecoute local

La peur des hommes en uniforme

Mwenga, le centre du territoire de même nom dans la province du Kivu du Sud. Il est situé à quelque 135 km à l’ouest de Bukavu. Une région montagneuse et forestière qui est caractérisée par l’exploitation agricole et minière. La guerre et l’insécurité obligent les femmes des environs à quitter leurs villages. Ainsi elles sont contraintes à du labeur dans les mines. Comme de véritables bêtes de somme certaines entre elles transportent les pierres piochées jusqu’à l’endroit où elles sont traitées. Ces femmes sont appelées hilux, en référence à la jeep Toyota de même nom. D’autres broient les pierres. Ces twangaises – du mot kutwanga qui signifie broyeurs en Kiswahili – écrasent et moulent les pierres. A la recherche d’or, coltran et cassitérite. Toujours sous l’œil vigilant d’un gardien masculin. Car ici les femmes sont encore l’objet de l’homme.

Avec le minimum qu’elles gagnent ici elles entretiennent leur famille. Des femmes faibles ou plus âgées sont incapables de faire ce travail. Elles sont donc contraintes à continuer à labourer dans les champs. Tout comme les nombreuses femmes qui restent dans les villages. Pas une tâche sans souci. Elles ont toutes la peur de la marche vers leur champ. Car chaque jour à nouveau elle risque d’être victimes des hommes en uniformes. Ici dans la brousse viol et violence contre les femmes sont une réalité quotidienne, et par cela aussi l’exclusion par leur communauté si l’on apprend qu’elles ont été violées.

Dans cette région les collaborateurs de Mamas for Africa sont donc actifs. En premier lieu pour l’accueil de femmes et filles violées. Elles trouvent hébergement et accès aux soins médicaux. Si leurs blessures ne peuvent pas être soignées sur place, elles sont transférées à la Maison de la Femme de Mamas for Africa pour la suite du traitement.

Plusieurs petits postes de secours dans les villages assurent ce premier accueil. Le Centre d’écoute central – ou refuge locale – à partir duquel la région de Mwenga est dirigée, est situé à Kamituga. Accessible uniquement avec un bon véhicule 4x4 par une route difficile. Un voyage de plus de six heures pour couvrir les 45 km qui séparent Mwenga de Kamituga n’est pas exceptionnel !

Apprendre à faire du savon dans la brousse

Mais l’aide de Mamas for Africa va plus loin que le seul accueil de ces femmes et filles violées. A Kamituga, tout comme à tant d’autres endroits difficilement accessibles, des denrées et autres victuailles sont amenées de Bukavu. Avec comme conséquences des prix élevés et donc inabordables pour la majorité des gens de la région. C’est pourquoi Mamas for Africa, en commun avec ses collaborateurs locaux, a commencé à mettre sur pied un atelier de savon, une savonnerie. L’objectif est de procurer aux femmes la possibilité d’apprendre quelque chose afin de pouvoir gagner leur vie d’une façon digne. Ainsi elles peuvent subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leur famille.

Le savon est un exemple d’un tel produit rare et cher. Dans la savonnerie les femmes et filles apprennent à faire du savon elles-mêmes. Par après elles peuvent alors le vendre sur le marché local. Le début d’un petit commerce. Les femmes voulant unir leurs forces, une coopérative a été fondée. En même temps elles apprennent comment gérer une savonnerie. Parallèlement une Mutualité pour la Solidarité a également été créée. Les membres payent une cotisation pour une caisse d’épargne et de solidarité. Un pas en avant dans une région sans banque ni assurance maladie.

Un grand besoin en connaissances

La savonnerie de Kamituga n’est qu’une des différentes AGRactivités génératrices de revenus – mises sur pied l’année passée par Mamas for Africa. D’autres exemples d’AGR sont l’apprentissage de l’élevage de chèvres ou de cochons, la boulangerie, la culture de bananes… Toutes des initiatives qui ont pour but la mise sur pied d’un petit commerce – une affaire. Et qui ont un impact direct sur l’amélioration de la qualité de vie des femmes concernées.

Soutenir des femmes et des filles. Les former et les encadrer. Les rendre autonomes. Ce ne sont que quelques exemples parmi les actions que Mamas for Africa s’est posées comme tâches. Instruction et formation en sont d’autres. Dans un pays où les femmes et les filles ont beaucoup moins – voir aucune – chance de pouvoir aller à l’école, le besoin en connaissances et expérience est grand. Du changement demande en effet aussi de la formation et de l’instruction des femmes et des filles. Uniquement si elles connaissent leurs droits et si elles savent se faire valoir pour elles-mêmes et leur famille, un renversement peut devenir possible.

Un exemple d’une pareille formation organisée par Mamas for Africa est apprendre à lire et écrire. Les cours se donnent dans la Maison de la Femme ou dans d’autres centres locaux. A trois niveaux différents. D’autres formations sont l’informatique et la coupe et couture. En parallèle il y a des formations spécifiques pour les responsables des Centres d’Ecoute dans les villages. Elles y apprennent la meilleure façon d’accueillir les femmes, les critères auxquels celles-ci doivent répondre pour être aiguillées vers l’Hôpital de Panzi pour intervention chirurgicale, la gestion du fonctionnement local…

Quelques chiffres

La priorité de Mamas for Africa reste cependant toujours l’accueil des femmes violées. Mwenga n’est qu’un des différents territoires où Mamas for Africa est actif. Le fonctionnement se passe toujours de la même façon.

Hilde Mattelaer, présidente de Mamas for Africa: “Mamas for Africa veut regarder l’injustice dans les yeux et y remédier effectivement. Vivre à l’Est du Congo équivaut pour de nombreuses femmes à vivre en enfer. La peur du viol brutal dans le champ, sur le chemin de l’école, et ensuite le risque d’expulsion par mari et clan. Milices, bandes de drogue et parfois membres masculins de la propre famille s’en rendent chaque jour coupables et le considèrent comme l’arme de guerre et le symbole de déploiement de force par excellence».

Près de 2500 femmes et filles violées ont été accueillies en 2013 par Mamas for Africa. 850 entre elles ont trouvé accueil dans les Maisons de la Femme de Mamas for Africa à Bukavu ou Uvira. Ce sont des maisons de refuge et d’accueil pour femmes et filles violées. Ici elles reçoivent un soutien psychologique et sont accompagnées vers l’hôpital pour une intervention chirurgicale. 1650 femmes et filles violées se sont refugiées dans nos Centres d’Ecoute locaux dispersés dans la région. Elles ont reçu de l’aide directe dans leur propre région. Avec le support de nos collaborateurs sur place elles ont trouvé les soins médicaux nécessaires dans un Centre de Santé local.

Près de 250 femmes et filles travaillent dans une de nos AGR locales.

350 femmes suivent un cours organisé par Mamas for Africa.

Mamas for Africa a ses racines en Belgique. Mais notre organisation est dirigée par des femmes d’ici et de là », enchaine Hilde Mattelaer. «Je trouve cela important. Nous n’allons pas leur dire ce qu’elles doivent faire. Le démarrage d’une AGR ou la mise sur pied d’une formation se fait toujours en dialogue avec les femmes

Et en plus ceci en 2013

150 femmes ont été opérées de leur goitre. Avec le projet Upendo Mamas for Africa prend à cœur le sort des femmes avec goitre.

Afia Shuleni est un projet autour de la médecine scolaire dans la région de Bukavu. Ensemble avec des médecins et infirmiers locaux Mamas for Africa fait passer des examens médicaux dans les écoles. Pendant l’année scolaire 2012-2013 5815 élèves ont été examinés.

60 femmes emprisonnées dans La Prison Centrale de Bukavu, sont assistées médicalement, matériellement et moralement par nos collaborateurs du projet Oubliées du Monde. On leur offre la possibilité d’apprendre à lire et écrire, à coudre ou broder de façon que plus tard elles puissent se débrouiller toutes seules.

A Kinshasa la prostitution est pour beaucoup de filles un moyen de survie. La conséquence en est des grossesses à très jeune âge. 25 enfants-mères ont suivi via le projet MYS une formation : atelier de couture, cours de cuisine et d’agriculture.

Avec le projet Bana na BisoNos Enfants – à Kinshasa les petits enfants des enfants-mères sont accueillis dans la crèche de Mamas for Africa. Ainsi leurs mères peuvent s’assurer d’un revenu.

A Kigali Mamas for Africa soutient le projet Aprohade qui tourne autour d’un atelier de couture. Ici des femmes et filles handicapées apprennent à broder et piquer: essuie-mains, draps, nappes… Chaque achat de leur travail est un support direct aux femmes concernées.

Merci de tout cœur !

Mamas for Africa veut faire la différence pour les femmes les plus vulnérables à l'Est du Congo. Tant que la violence dans la région persiste, Mamas for Africa continue à aider et soutenir ces femmes. Mais pour cela nous ne pouvons pas nous passer de votre support. Le fonctionnement de Mamas for Africa est en effet entièrement basé sur de propres donations. A tous nos fidèles donateurs, nos volontaires et nos collaborateurs ici et dans le Sud, à chacun qui a soutenu notre action ou avec qui nous avons collaboré l’année passée, nous disons donc avec plaisir : «Aksanti Sana !» ou en français : «Un grand merci !».