Crise au Congo de l'Est empêche des opérations de goître.

Des dizaines de femmes s'étaient rassemblées à l'Hôpital de Monvu à l'île Idjwi, située dans le lac de Kivu au nord de Bukavu. Là une équipe de Médecins sans Vacances les aurait opérées avec l'assistance des médecins locaux. Les développements récents dans la région ne permirent cependant pas aux médecins de faire leur travail. Pour des raisons de sécurité ils furent évacués. Plusieurs parmi les femmes restèrent sur place avec leur tumeur.

En novembre 2012 - selon une coutume devenue petit à petit annuelle - une équipe de médecins de Belgique s'installa au Kivu. Un chirurgien, un anesthésiste et deux infirmiers. Dans un hôpital local ils opèrent à la demande de Mamas for Africa des femmes avec un goitre.

Un choix désespérément difficile

Mais la demande surpasse l'offre. Il y a une liste d'attente de dizaines de femmes qui toutes sont gênées par leur tumeur à la gorge. Elles sont toutes patientes du dr. Sifa, collaboratrice de Mamas for Africa. Elle effectue le screening des femmes et regarde qui est en plus mauvais état. Ces femmes reçoivent la priorité. "Un choix désespérément difficile", ainsi le dr. Sifa caractérise sa mission.

"Nous ne demandons pas mieux que de pouvoir aider plus de femmes'" enchaîne le dr. Sifa. "Mais hélas, le temps de l'équipe parachutée est limité et aussi nos moyens pour le suivi ne sont pas inépuisables". 

Maintenant que les médecins et infirmiers de Médecins sans Vacances sont partis en catastrophe, plusieurs femmes sont restées sur place sans avoir été opérées. Mamas for Africa examine maintenant s'il est possible de faire traiter ces femmes par des médecins locaux.

Une maladie curable

Le dr. Sifa lutte contre le goitre aussi quand l'équipe médicale est partie. Elle connaît en effet les causes de la maladie: nourriture mauvaise, mal équilibrée. C'est pourquoi elle se démène pour apprendre aux femmes d'autres habitudes nutritives. Au cours de formations, exposés et visites aux villages elle et ses collaboratrices expliquent comment une alimentation appropriée, plus saine peut prévenir la maladie.

Le problème pour cela reste que cette alimentation doit aussi être disponible. Et cela n'est pas le cas à cause des circonstances de guerre dans la région. Tant que les combats et la rebellion durent, les femmes et leur famille sont réduites à une nourriture inférieure et mal équilibrée. Avec tous les soins de santé associés.