Mamas for Africa s'engage pour les droits des femmes et contre les violences sexuelles sur trois niveaux

D’une initiative qui à l’origine offrait surtout une aide immédiate, Mamas for Africa s’est développée en une organisation avec un champ d’activités diverses. Evidemment nous remédions toujours aux besoins urgents. Cet aspect fait de longue date partie intégrale de l’ADN de notre organisation. Mais tout aussi important pour nous est de combattre la cause de la souffrance et de la violence. Ainsi Mamas for Africa joue à fond la carte de la sensibilisation.

Le travail sur le terrain sans nos partenaires sur place, dépasse notre capacité. Nous les soutenons et les renforçons par des formations et des cours. De cette façon nous obtenons un accroissement de notre capacité.

Nos actions couvrent trois catégories de soins :

Nos soins de première ligne : informer et prévenir

  • Nous essayons de combattre la violence (sexuelle) faite aux femmes et filles au travers de campagnes de prévention et de sensibilisations. De village en village, nous échangeons avec la population sur ce problème de façon à ce que les tabous soient levés.
  • Des actions préventives sont aussi entreprises sur le plan de la santé. Nous tentons ainsi de diminuer le nombre de problèmes gynécologiques tels que le prolapsus et d’autres problèmes de santé tel que le goitre.
  • Nous menons également un combat permanent contre les infections comme le VIH et les MST en procurant de l’information sur leurs causes, leurs symptômes et leurs conséquences.

Toute cette prévention et sensibilisation sur le terrain sont soutenues avec des émissions sur la radio locale. La radio est en effet un important moyen de communication, qui nous permet d’atteindre le grand public. Grâce à ces activités Mamas for Africa est connue dans la région comme une organisation qui s’engage pour les groupes les plus fragiles de la société.

Soins de deuxième ligne : guérir et rétablir

  • Nous organisons des soins de santé au niveau local. Nos collaboratrices parcourent la région à la recherche de femmes avec des plaintes de santé spécifiques, afin de les aider. Elles viennent là où les soins réguliers ne pénètrent jamais.
  • Nous approchent activement les victimes de viol. Souvent elles se cachent par honte. Nos collaboratrices les approchent et leur viennent à l’aide.
  • Nous traitons des MST séquelles de violence sexuelle. Si possible nous administrons dans les 72 heures après un viol une médication PEP-kit contre l’infection HIV.
  • Nous offrons un refuge temporaire aux victimes de viol, aux femmes qui ont été répudiées, aux femmes et filles qui, pour des raisons sociales, ont urgemment besoin d’accueil et de soins.
  • Nous accueillons des femmes avec des problèmes médicaux urgents dans nos Maisons de la Femme. De leur village, elles vont à Bukavu, dans l’attente de soins médicaux urgents ou d’une intervention chirurgicale qu’elles ne peuvent pas recevoir dans leur village. Pour cela, nous pouvons compter sur le docteur Mukwege et son équipe de l’hôpital à Panzi à Bukavu.
  • Nous offrons aux victimes de viol des soins au niveau psychologique. C’est ainsi qu’elles peuvent plus ou moins accepter les traumatismes qu’elles ont vécus. Ceci se passe en groupe. Des femmes avec de graves traumatismes reçoivent de l’accompagnement individuel.
  • Nous intercédons lorsque des victimes sont répudiées par leur mari. Avec nos efforts nous voulons par la même occasion réaliser un changement de mentalité.

Nos soins de troisième ligne : soutenir et enseigner

  • Nous rendons les femmes autonomes par des formations et des cours. Ainsi nous les rendons conscientes de leurs droits de base. Grâce à cela elles gagnent en confiance en soi et peuvent se faire valoir davantage dans leur communauté.
  • Nous soutenons les femmes qui se réunissent dans des groupements et renforçons de cette façon leur solidarité mutuelle. Ainsi elles sont capables de jouer un rôle commun et dynamique dans leur communauté.
  • Nous offrons aux femmes des formations qui conduisent à une indépendance économique, qui favorise leur autonomie et leur assurance.
  • Nous augmentons notre pouvoir d’agir en offrant des formations et des cours à nos partenaires locaux, de façon qu’ils apparaissent encore plus forts sur le terrain et qu’ils obtiennent encore plus de succès dans leur travail.
  • Nous formons de nouveaux collaborateurs dans le but de créer un solide réseau d’assistants sociaux et psychologiques et de personnels soignants. De cette façon nous voulons amener les soins de santé jusque dans les recoins les plus éloignés.
  • Nous collaborons avec d’autres organisations humanitaires dans la région. Cela nous le faisons en leur référant des femmes, lorsque nous ne pouvons pas les aider nous-mêmes. Ou inversement, en accueillant et aidant des victimes qui nous ont été référées. Ce travail en réseau est important pour se renforcer mutuellement!
  • Nous organisons des séminaires et des séances de concertation avec d’autres partis concernés (instances officielles inclues) afin de mettre le thème de la violence contre les femmes à l’agenda, également au niveau des autorités et des politiciens.

Dans toutes nos actions la femme occupe la position centrale. Rendre les femmes résistantes de façon qu’elles revendiquent leurs droits elles-mêmes est l’essentiel de notre travail. Nous le faisons toujours en respectant les normes culturelles et coutumes en vigueur. En aucun cas nous n’imposons la façon occidentale de voir les droits de la femme. Ceci d’ailleurs ne marcherait pas. L’important est que les femmes découvrent elles-mêmes comment revendiquer leurs droits, en plein respect de leur propre identité culturelle.